Lundi 12 mars 2007
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22:13
Cigarette qui se consume dans un cendrier,
Soleil qui déteint sur un ciel en larme,
L'enfant se saisit de la crosse de l'arme.
Vieillard qui se consume dans sa voiture papale,
Icône qui se fissure sous un temps indifférent,
Il se saisit de la crosse de son bâton pastoral.
L'enfant ouvre la bouche pour accueillir la mort.
Sa main tremble tandis qu'il serre la crosse.
...
Il s'effondre au sol, le cerveau grillé.
Le pape ouvre la bouche pour parler amour.
Sa main tremble tandis qu'il s'appuie sur la crosse.
...
L'humanité s'effondre au sol, le cerveau grillé.
Par Aegimios
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Lundi 12 mars 2007
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Pour toi mon tendre amour, j'ai construit la plus merveilleuse des discothèques.
Des larmes de mes yeux, j'ai confectionné les néons lumineux suspendus au plafond.
De mon regard, j'ai extrait les plus splendides spots pour te nimber de lumières.
Dans mon coeur, j'ai puisé les notes les plus sublimes pour une musique unique.
De ma voix, j'ai fabriqué des haut-parleurs haute fidélité qui te sont dédiés.
De mes mains, j'ai prélevé les caresses les plus douces pour enrober notre nuit.
La discothèque de mon coeur t'ouvre grande ses portes pour le grand mix nocturne.
Mes baisers passionnés t'offrent un accès VIP unique pour une danse qui sera notre.
Mes muses sont aux platines ; laissons-nous guider au rythme de leurs symphonies.
Tes yeux embrassent les miens tandis que mes lèvres regardent les tiennes.
Tes oreilles respirent la mélodie tandis que mes narines écoutent ton parfum.
Et dans la discothèque de l'amour, nous nous aimons à en perdre les sens.
Par Aegimios
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Dimanche 25 février 2007
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22:06
Encore une fois, il transperce la nuit. Pas à pas, il lutte contre le sournois Morphée. De son glaive au manche ciselé dans la matière brute de ses cauchemars, il assène des coups rageurs. Sa lame déchire et pourfend le rideau de la voûte nocturne. Celle-ci se replie sur elle-même et hurle dans d'infinies souffrances. Il frappe d'estoc et de taille. Blessée à mort, la nuit saigne d'une infinité d'étoiles. Celles-ci choient au sol. Il les voit pleurer, implorant une pitié qu'il ne connaît plus. Sous son pied, elles éclatent en viscères de douleur, une douleur éclatante de beauté dont il s'enivre sans jamais s'en sentir repu.Le paladin des rêves a revêtu son armure noire. A présent chevalier adoubé par le néant, sur sa cape est brodé avec des perles de pleurs le blason de l'apocalypse. Il décime toute réalité, la dissolvant dans le fiel de son coeur écharpé. Derrière lui résonnent les hurlements de son ancien amour désormais veuf. Sans jamais se retourner, il avance éperdu, fauchant sur son passage des âmes innocentes. Elles agonisent dans l'indifférence avant qu'il n'aille, du haut de la falaise, les jeter avec haine dans l'océan de son malheur.Au côté gauche de son armure se trouve le blanc-seing dédié à la dernière égérie de son coeur. Sur celui-ci, sa signature faite d'une plume taillée dans sa passion et trempée dans l'encre de sa sincérité. Elle le lui aura rendu sans prévenir, sans même le remplir. Il s'en saisis, le déchire et le disperse aux quatre vents en hurlant au ciel ce nom qu'il lui est désormais interdit d'aimer...
Par Aegimios
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Dimanche 25 février 2007
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22:03
De toute part, les armes s’affûtent.
Au loin, un tonnerre sourd gronde.
Les nations se dressent, se scrutent.
Les enfants jouent avec les frondes.
Le sang bouillonne dans les veines.
Des chants martiaux sont scandés.
L’homme vient embrasser la peine,
L’armaguedon comme ultime destinée.
Aux mots vont succéder les crimes.
L’horizon ouvre ses portes aux légions.
A Mars, l’humanité va payer sa dîme,
Se détruire au nom de tristes religions.
Palestiniens, Israéliens, Américains,
Tous les peuples de ce monde éteint,
Musulmans, juifs mais aussi chrétiens,
Sur vos mains coule le sang du prochain.
Un homme s’explose à la gloire d’Allah.
Le peuple élu assassine avec grand fracas.
Dieu, métaphore de nos pulsions immondes,
Religion, linceul mortuaire de ce monde.
Par Aegimios
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Jeudi 22 février 2007
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22:05
17h30.
Et je suis là, assis devant mon café, dans un de ces anonymes bistrots parisiens, comme il en existe tant. Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de laisser divaguer ma plume sans idées précises. Pas de conducteur. Je suis l’écrivain sur le fil de sa ligne, sans filet de sécurité. Je laisse venir à moi des images, des bruits. Je m’en imprègne, ne cherchant pas à en diriger le cours.
« Do you feel my heart beating ? » me demande en chantant une voix féminine en provenance des haut-parleurs. Judicieuse question que je me renvoie à moi-même. Oui, où se trouve mon cœur en ce moment et surtout, pour qui bat-il ? A-t-il désormais une autre fonction que celle de faire pulser le sang dans mes artères ? Ce cœur qui tant de fois a aimé ne vit plus que pour lui. Des filles sont autrefois venues s’en abreuver à la source mais aujourd’hui, plus personne n’est là pour venir délecter jusqu’à la lie le calice de l’amour.
Déjà plus de trente années de ma vie se sont enfuies, une trentaine sur laquelle je porte un regard bien amer. Il est coutumier de dire qu’il s’agit de l’âge où on commence à être réellement installé, avec une relative stabilité. Si tel est réellement le cas, je fais mentir avec brio cette vérité. Je n’ai jamais aimé faire les choses comme tout le monde. Ceci explique sans doute cela.
Je regarde les gens passer sur le trottoir. Chacun, avec son vécu, ses souvenirs de joies mais aussi de souffrances est un témoignage de vie, séduisant parce que mystérieux. Il aurait pu être moi, j’aurais pu être lui. Dans ce gigantesque aquarium qu’est la rue, d’innombrables destins se croisent sans se voir, évitant avec soin de s’entrechoquer. Une certaine fascination me saisit, proche du vertige.
Au comptoir, deux jeunes filles discourent avec entrain sur leurs derniers émois. L’une tente de faire comprendre à son amie combien sa nouvelles illusion est parfaite. Doux, attentionné, intelligent, … Pas un seul défaut ne doit venir assombrir cette description digne d’une toile de maître. Le faire constituerait un sacrilège, une véritable offense, un accroc dans cette peinture.
- « Mademoiselle, votre amour n’est que mirage. D’ici quelques années, quand vous serez cocue et sans doute lui également, vous vous accrocherez avec désespoir à ce à quoi vous avez cru pour ne pas basculer dans la réalité sordide. »
Je viens de lacérer son tableau d’un coup de couteau meurtrier.
Mais non… Je ne me suis pas levé pour aller briser ce en quoi elle croit. Je n’ai fait que l’imaginer un fugace instant et c’est déjà assez jouissif comme cela. Pourtant, un jour viendra où cette gangue illusoire volera en éclats. La véritable nature de cet amour se révèlera alors. Très certainement, elle ne se souviendra même plus de ses propos tenus à une amie un jour dans ce bistrot. Le temps s’écoule et notre mémoire avec pour que la vie nous reste supportable.
Je paye mon café. Le vendeur empoche mon billet de cinq euros et me rend la monnaie. Je la laisse sur la table. Cinq euros, ce ne fut pas trop cher payé pour cette séance de cinéma grandeur nature.
Par Aegimios
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