Mercredi 17 janvier 2007
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La musique me fracasse la tête.
Le rythme électronique binaire et froid
des nappes de sons vides me fouette.
Le glas sinistre des basses résonne en moi.
Par terre, le cendrier agonise de mégots.
Une odeur nauséabonde émane de celui-ci.
J'écrase une nouvelle cigarette sans un mot.
Envie de me brûler la peau sans répit.
Par la lucarne, je vomis ma souffrance.
Les souvenirs me lacèrent le cerveau.
Les larmes me noient dans la démence.
Me jeter dans le vide, dans le caveau.
Ô Dieu ! Ce cœur qui explose en lambeau !
Ces yeux aveugles qui, lentement, crèvent !
Sentir en moi l'acier tranchant du couteau,
Idées de m'ouvrir les veines, d'achever mon rêve.
Tourbillons enivrants de pulsions morbides.
Aller embrasser la vieille Faucheuse ridée,
M'envoler pour mieux flirter avec le vide,
Pleurer du sang et communier avec mon passé.
Ô Amour ! Voleur des cœurs chagrinés !
Ô Amour ! Pourquoi à nouveau t'envoler ?
Ô Amour ! Pourquoi sans cesse m'abuser ?
Cette nuit, dans le cosmos de mes obsessions,
Je viendrai t'humilier et te torturer.
Cette nuit, dans les pleurs de ma déraison,
Je viendrai te violer à en crever !
Par Aegimios
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Mercredi 17 janvier 2007
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22:33
Au nom de l'amour, faire son chemin de croix,
Embrasser sa propre rédemption une nouvelle fois,
Tailler ses rêves pour s'en draper comme habit.
Graver dans le roc des jours sa douce égérie.
Se promener sur les bords du fleuve Espérance,
Suivre son cours et enfin se sentir en partance,
Y plonger sa bouche assoiffée et boire ce nectar.
Sentir l'orgasme des muses, confondues dans l'Art.
Au nom de l'amour, j'ai fait mon chemin de croix.
J'ai apposé mes lèvres sur une rédemption sans foi.
Croyant tailler mes rêves, j'ai sculpté mes cauchemars.
Pensant graver mes jours, j'ai élimé la nuit très tard.
Me promenant sur les bords du fleuve Espérance,
J'ai suivi son cours mais il coulait à contresens.
Y plongeant ma bouche, je me suis inoculé le poison.
Le cri d'agonie de mes muses est venu violer ma raison.
Par Aegimios
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Mercredi 17 janvier 2007
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22:31
1.Statut en ligne
Minuit est passé maintenant depuis longtemps. Je tente de jeter quelques mots sur le papier mais ils sont bien vains. Ma soirée n'a été que vagabondage sur la toile, passant du blog d'une jeune fille anorexique suicidaire à celui d'un couple échangiste étalant ses exploits aux yeux de lecteurs virtuels. Pendant que certains se laissent crever de vivre, d'autres s'explosent dans le lupanar de l'onanisme éperdu. Je me suis ensuite rendu sur des tchats pour échanger quelques mots avec des âmes perdues. Les mots se succédaient, émoussés à force d'être trop usés. Bienvenue dans les arènes du nouveau millénaire. Les claviers se sont substitués aux tridents mais les filets pour capturer sa proie sont toujours présents. L'occident prostitue ses frustrations en gerbes de pixels sur des écrans gelés. Sodome et Gomorphe vibrent au rythme des megahertz. Chacun vient mendier une once de plaisir illusoire dans les froides avenues du cyberespace.Triste masturbation de la solitude devant sa propre solitude,Stérile éjaculation sur l'écran d'un trop plein de dégoût,L'eros de notre condition humaine se meurt .2.Statut hors ligneDeux heures du matin et je reste les yeux ouverts, rivés à l'écran. Toujours ces quelques mots sur le papier qui refusent de venir. Je viens de m'enfiler une nouvelle tasse de café. Le cendrier sur mon bureau dégueule un trop plein de mégots. Une musique électronique percute violemment mes tympans. Que mon overdose soit complète ! Après m'être injecté ma dose de megahertz, je veux me shooter aux décibels, sans retour. Je tire une bouffée sur ma cigarette, goudronnant un peu plus l'autoroute en direction de la fin. Immobile, j'attends. Les minutes refusent de s'écouler. Elles s'étirent au-dessus de moi, immenses stalactiques effilées qui jamais ne tombent.Et chaque jour elles grandissent jusqu'au moment où l'une se détachera pour venir me crucifier, me mettant définitivement hors ligne.
Par Aegimios
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Mercredi 17 janvier 2007
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22:30
Par Aegimios
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Mercredi 17 janvier 2007
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22:29
Envie de me foutre en l’air, lassé de jouer à « Tout va très bien Madame la marquise», de donner le change en permanence, de jeter mon sourire à la face des gens comme une convenance. Les mots me fuient et les rimes se sont évaporées depuis longtemps dans le cours asséché de ma défunte inspiration.Tenter de pourfendre cette solitude haïe en se rendant sur les salons de discussion en ligne, constater que l’herbe n’y est pas plus verte. Mes yeux morts regardent les lignes défiler sur l’écran. Des propos ineptes s’enchaînent dans le grand vide intellectuel. D’un clic fatigué de souris sur les pseudos, je visite les profils.« Slt. Mon prénom est Sand .J’chui une meuf cool. Venez me parler pour en savoir +. »« Hello. J’mapel Karo. S’y t’ai 1mek cool, j’sui la pr toi. »« par pitié g 16 an mé je ne sui pa pr autan une gamine attardé ki ne coné rien a la vi et a ce kel comporte!!! » tente d’écrire intelligemment une autre.Vous savez quoi Sand et Karo ? Allez vous faire foutre. Restez dans votre monde virtuel à vous écouter parler. Projetez vos rêves à la petite semaine sur vos écrans. Vous ne les en fracasserez que mieux ensuite.Mon vide à moi n’est que trop plein. Quand vous me serrez la main, ne sentez-vous pas que vous ne faites que saluer la solitude ? Ne ressentez-vous pas cette sensation glacée vous prendre les doigts dans un étau, cette caresse accompagnant la venue de la mort ? Où êtes-vous passées mes muses ? Que sont devenues mes passions ? Mon armée de songes est partie pour ne plus revenir. Elle s’est fracassée sur la réalité.Je suis debout dans le champ de ma désolation. Pendant que le monde se contente de vivre, je tente de survivre. J’erre dans le cimetière de mon enfance. Les tombes sont parfois fendues, parfois fracassées. Ronces et orties rampent parmi les fissures. La nuit, je dors parmi ces vestiges d’une époque révolue.Envie de me foutre en l’air, dernier pied de nez à cette enfoirée de vie.Lui faire la nique une ultime fois.Vous faire tous la nique.Pourtant, je reste encore debout.
Par Aegimios
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