Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 21:48
Une journée comme une autre, sur le parvis de Notre-Dame.
Un flot incessant de touristes monte en marée vers l'entrée.
Il se brise en vagues successives où s'ébrouent des pigeons.
Des gouttes tombent en crépitant sur les pavés centenaires.

Plus loin, un ridicule saltimbanque des rues avale des lames.
Un mendiant est assis dans la poussière de l'espoir brisé.
Des rats volants s'étripent sur des restes en décomposition.
Les gargouilles déversent leur indifférence en pluie amère.

Une nuit comme une autre, sur le parvis de Notre-Dame.
Le flot s'est retiré, vomissant ses détritus sur le sol humide.
Un balayeur danse avec son balai sous une ombre lunaire.
Il retire les débris de rêves oubliés là par les jeunes enfants.

Le saltimbanque se repose, la gorge tranchée par ses lames.
Les cendres du mendiant s'envolent dans l'oubli du vide.
Des pigeons déambulent paisiblement parmi ce cimetière.
Sur le parvis de Notre-Dame, Dieu est aux abonnés absents.
Par Aegimios - Publié dans : Spleen
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 21:45
Un ange solitaire pleure sous les étoiles défuntes.
Chacune de ses larmes engendre un astre avorté.
Ils errent dans un triste cosmos au froid trépassé.
Les cieux laissent perler une ultime complainte.

Les ailes de cet être jadis si glorieux sont brisées.
Sales et inutiles, elles s’agitent dans la poussière.
Des plumes s’envolent dans une escapade solitaire.
Le moribond exhale un ultime souffle de sacré.

Un parfum ranci de paradis flotte autour de lui.
Créature orpheline abandonnée là par son Dieu,
Elle repose aux côtés de son glaive poreux.
Ses yeux délavés finissent de vomir le paradis.

Pour la lente agonie d’un ange, quelques vers
Crachés à la face du Père en guise d’oraison.
Que ces rimes claquent et soient profanation,
Un ultime blasphème pour embrasser l’enfer.
Par Aegimios - Publié dans : Religion
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 19:18
J’ai le mal de toi. Tu m’as bouffé le cœur et il reste là, ensanglanté. Des tristes lambeaux de chairs sanguinolents pendent dans le vide de ma poitrine caverneuse. Mes yeux suivent les fumées de la cigarette se consumant dans le cendrier. Ainsi s’écoule mes heures au rythme des mégots, devant un écran peroxydé. De la rouille s’est glissée dans mon regard. Les couleurs de tes rires se sont perdus derrière la feuille détrempée de larmes des souvenirs. Je ne suis plus que les restes en décomposition de cet homme de jadis dévoré par une femme cannibale. Dans sa bouche, il lui reste surement encore le goût de mes mots effrités. Ses mains se souviennent sans doute toujours de ces promenades sur ce pic érigé en son honneur. Jeux de main, jeux de vilains, jeux d’une catin à la langue affilée comme un couteau.

J’ai le manque de toi et je crève dans ta mémoire. Tes pensées fusent dans ton cortex sans même daigner s’arrêter sur le squelette de mon image abandonné contre la paroi de ton crâne. Tu as courtisé mes rêves, les laissant te prendre un par un dans un râle. Mais le harem de mes songes ne pouvait enfanter qu’une chimère avec un esprit stérile. Ils sont repartis, te laissant seule, nue dans le manteau transparent de ta honte.

Tu m’as oublié sans mal
Ce mal d’aimer.
Par Aegimios - Publié dans : Eros
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /2007 14:53
Mon aimée, souviens toi de ce temps qui se conjugue au passé.
Vois-le ronger nos cœurs et étouffer de lierre rêche le présent.
Je marche le long de la Seine, dans l'air frais du printemps.
Ma main te cherche mais ne peut que saisir le vide trépassé.

As-tu encore en mémoire ces pépites de bonheur éperdu ?
Nous les ciselions ensemble, enlacés dans l'Eden de Cupidon.
A présent, je m'assois seul sur ce banc où naquit notre passion.
Des couples défilent devant moi ; requiem pour un amour perdu.

La fumée de ma cigarette s'envole en tourbillon dans le vent.
Depuis trop d'années maintenant, tu as volé mes sourires.
Le sang de mon cœur s'écoule en rigole dans ton souvenir.
Enlacé dans mon grand manteau de solitude, j'attends.

Parmi les promeneurs du dimanche, je suis peinture morte.
A mes pieds gisent ces larmes invisibles d'être trop retenues.
Je suis le prince d'un royaume en friche, de tous inconnu.
Il hurle pour le retour d'une reine mais trouvera-t-elle la porte ?
Par Aegimios - Publié dans : Eros
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